Profil du déserteur

Tirer le portrait pour ne plus laisser les soldats filer à l’anglaise.

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La chronique scandaleuse, ou Mémoires pour servir à l’histoire des mœurs de la génération présente, par Guillaume Imbert.

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 « On proposa dernièrement d’appliquer la  photogtrphie à un usage semblable, c’est-à-dire de  remplacer le signalement si peu distinct qui se  trouve sur les passeports, par un portrait photographié . Ce serait un procédé aussi prompt au moins que le pantomètre . On doit, comme on sait, cette rapidité  de l’exécution photographique à l’emploi du collodion, dû au plus habile de nos artistes en ce genre,  M. Gustave Legray. Il constata sa découverte dans  une brochure, Traité pratique de photographie, publiée  en France en juin 1850, et à Londres un mois après.

 On n’y fit attention qu’en Angleterre, mais ce fut,  comme toujours, pour voler l’invention. En février 1851, M. Archer se l’attribuait déjà, et si bien,  que, deux ans après, M. Robert Hunt, parlant de la  découverte, dans son manuel de photographie, p. 103,  ne mettait en présence, comme ayant droit de se la  disputer, que deux anglais : ledit M. Archer et  M.Fry. Quant au français, M. Legray, il était, bien  entendu, passé sous silence. Il tenta, la même année,  dans son traité de photographie  une réclamation qui, malheureusement, n’aboutit pas : et pourquoi ? à cause d’une faute d’impression! M. Legray avait écrit, à propos du collodion, qu’il en avait fait la découverte « avant M. Archer. » L’imprimeur lut : avant de M archer (sic).»  Et comme M. Legray, alors absent de Paris, ne put relire les épreuves, la ligne où se trouvait sa légitime revendication, parut imprimée de cette manière si ridiculement incompréhensible. Ce ne fut heureusement que justice ajournée. En 1854, M.Legray donna une nouvelle édition de son Traité de photographie, et cette fois ses droits à la précieuse découverte parurent nettement et victorieusement formulés. »

Le Vieux-neuf.  Volume 2,  par Edouard Fournier

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