Mademoiselle de Plémeur

C’est en puisant dans les différents modèles chevaleresques, en se les appropriant, que l’individu chez Montherlant doit s’affirmer, se démarquer et sculpter son être. Si son action est vouée à l’échec, le « chevalier du néant » reste pour l’auteur un modèle d’élégance, à en juger par l’attention qu’il porte à l’éventail du samouraï, à la musculature de l’athlète ou aux passes du torero. La réhabilitation de l’épique passe paradoxalement par la valorisation de la défaite. C’est dans la défense de causes perdues que s’affirme finalement l’héroïsme de l’écrivain.

Marie Sorel

Mademoiselle de Plémeur, championne du « trois cents »

 Henry de MONTHERLANT

Extrait de « Les Olympiques »

Dans ce texte, Montherlant prend la défense de l’athlétisme féminin. A mentionner également deux poèmes :  » Le chant des jeunes filles à l’approche de la nuit    » et  »  A une jeune fille victorieuse dans la course de mille mètres « .

*

     J’ai rencontré dans les stades féminins quelques jeunes filles, extrêmes fleurs de ces familles de noblesse bretonne où se perpétue depuis des siècles un esprit d’indépendance et de fronde. Ces filles faisaient de l’athlétisme comme leurs frères de la politique de gauche. Elles jetaient dans ce qui était pour elles une infraction toutes les richesses, toutes les âcretés d’un vieux sang.

     Quand je connus Mademoiselle de Plémeur, elle était la gloire de son club : championne du « trois cents mètres », et imbattable alors en France sur ce parcours. D’ailleurs profondément artiste du sport, inégale, fantasque, prompte au découragement comme à la griserie, et si excentrique de manières que,  n’eût été sa valeur,   on l’eût écartée du club comme « impossible ».

     Elle avait vingt-quatre ans : c’est l’arrière saison pour une jeune fille. Ses belles formes – si longues – passaient assez inaperçues, par manque peut-être d’un certain piquant qui tient lieu de tout à nos Français ; peut-être surtout parce qu’elle s’habillait en chien savant. De visage, elle ne valait pas d’être regardée (mais qu’un visage est pauvre auprès d’un corps !). L’acte athlétique la transfigurait. Elle s’y échappait dans une humanité accomplie.

     Son frère était spahi en Afrique, après s’être fait prendre un jour dans une mauvaise histoire, quand le vieux M. de Plémeur vint sangloter chez le commissaire, qui laissa sur le banc des souteneurs cette proie à particule ; et les agents se retournaient pour ricaner : pensez donc, un vicomte ! Elle, nous savions vaguement qu’elle avait, par coup de tête, par excès d’ennui, quitté le hobereau qui noyait sous l’alcool, au fond d’un manoir crasseux près de Morlaix, l’angoisse de reconnaître peu à peu qu’on devient pauvre. Elle avait horreur du « monde » et vivait dans une petite pension, rabattant sur le domaine paternel, à ce qu’on disait, tous ceux qui se ventrent avec les maisons qui déclinent. Et parfois, quand le jeu cessait de mettre sur sa face un beau masque de ménade-vierge, j’avais cru y lire cette tristesse, croisée chaque jour dans la rue, et chaque jour avec une même pitié : « Il est possible que je ne me marie pas. »

     Me trompé-je ? Mais le sport, comme la religion, est quelquefois un dérivatif. J’ai vu des garçons et des jeunes filles comprendre la victoire de leur corps comme un moyen de se redonner confiance, de balancer quelque impuissance ou quelque échec de la vie quotidienne : timidité, déboires, humiliation sociale. Nouvelle idole et nouvelle illusion.

     Un jour, Mademoiselle de Plémeur, à la surprise de tous, se fit largement battre dans son trois cents mètres, par manque de « pointe » finale. Elle accepta la défaite avec cette loyauté sportive si méritoire dans un génie féminin. Mais, sans avoir dit au revoir à quiconque, elle cessa de venir au stade, ne donna plus de ses nouvelles, et ce fut, par hasard que nous apprîmes, après quelque temps, qu’elle était retournée à Morlaix.

     À trois mois de là, on sonna à ma porte. C’était Mademoiselle de Plémeur, dégouttante de pluie, dans mon Neuilly lointain. Au salon, son chapeau enlevé, et secouant la tête avec un geste de petite fille, pour aérer, alléger ses cheveux bretons, inaccessibles à la raie, elle me dit sans préambule :

     – J’ai tout laissé choir. N’est-ce pas, je deviens trop vieille. J’ai vu la graisse revenir, mes muscles s’ankyloser. Et puis, il y a un mois… Vous savez, ce dernier sursaut de la flamme, quand le feu est sur le point de s’éteindre… C’est en ce moment dans mon corps un retour de forme qui est incroyable. Il ne faut pas chercher à comprendre. La forme ! Elle est encore pour nous à demi-inconnue ; elle vient, s’en va, c’est un serpent et une fée. Ayant perdu mon sprint, je me suis essayée, seule, sur le fond. Et je suis sûre, vous entendez, j’ai la certitude que je peux battre le record féminin du mille, qui est de 3 minutes 16 secondes. Seulement, il faut que je le tente tout de suite ; ma forme peut disparaître du matin au soir. Je suis donc venue. Au club tous les officiels sont en déplacement. Alors j’ai pensé à vous, Il faut que dès demain, si possible, vous veniez me chronométrer. Je ne rentrerai au club et je ne reprendrai ma bonne vie que si je peux le faire avec votre témoignage que j’ai battu ce record… Il faut…

     Inutile supplication. Elle m’avait convaincu. Sans doute son désir était-il peu fondé, puisque, si elle battait ce record, sa performance, accomplie sans témoins officiels, ne serait pas homologuée. Mais quoi ! Je la rendais heureuse et ne causais de tort à personne. Ah ! Quand un être n’a que ces désirs-là, donnons-lui donc sans faire d’histoires le rien qui le contente. Il est si vite trop tard.

     Seulement, non sans malice, je la laissais dire et redire, pressante, excessive, aussi possédée que dut l’être Emma Bovary quand elle suppliait M. Guillaumin pour des sous. Assis devant elle, je reconnaissais avec curiosité qu’en trois mois j’avais oublié beaucoup d’expressions de son visage, alors que je me souvenais, comme si elle avait été mienne, d’infimes particularités de son corps. Dès mon jeune âge, j’ai attaché plus d’importance aux corps qu’aux visages, et un charmant minois avec un corps tératologique – article de Paris – ne m’a jamais donné la même émotion que des traits quelconques sur une forme bellement faite.

     « Vous allez tuer le flirt », gémissent les ennemis du sport féminin, aux yeux de qui une demoiselle montrant sa jambe nue, autre part que sous l’artifice de la rampe, est un péril pour l’espèce. « Laissons à la femme son mystère.» De quelque façon que je retourne cet impératif inénarrable, je n’arrive pas à lui faire signifier autre chose : « Cachons aux trois quarts la femme si nous voulons qu’elle paraisse belle. Pour l’amour du sexe, laissez ces enveloppes en place et ne regardez pas de près. » La singulière apologie, qui est une insulte, et que penser des femmes qui applaudissent à cette goujaterie emmiellée ! Comment n’être pas frappé par le manque de confiance en soi dont témoigne leur rage millénaire de se contrefaire ! On songe au beau mot du poète : « Est-il meilleure marque d’un pouvoir authentique et légitime que, de ne pas s’exercer sous un voile? » (Valérv.) Pour Mademoiselle de Plémeur, je reconnaissais avec tristesse que socialement elle s’était nui en ne tirant pas de chèque sur son «mystère». Tout ce qu’il y avait de nature et d’accessible en elle l’avait située, une fois pour toutes, comme une éternelle camarade, et il ne semblait pas que personne eût jamais attendu d’elle davantage. Dans une certaine mesure, elle payait d’être saine en n’étant pas heureuse.

     Nous décidâmes d’aller le lendemain matin, à huit heures, au stade du club. Mademoiselle de Plémeur prit congé. Déjà sur le seuil, elle rentra dans l’antichambre :

     – G… (c’était le directeur du club) m’a écrit que Serrurier (c’était une de ses camarades) à quitté le club du jour au lendemain, à cause du regard atroce de raillerie que lui avait jeté une des petites une fois qu’elle était assez maladroite en s’exerçant. Il m’informe que, pour que, dorénavant, les jeunes ne se moquent plus des vieilles, il les a séparées et les entraîne à des heures différentes. Devoir en arriver là, n’est-ce pas que c’est la jungle ?

     – Dites simplement la basse-cour où les poules se tuent entre elles, lentement, à coups de bec.

     – Et maintenant, vous devinez bien pourquoi G… m’a écrit cela ?

     – Mais non…

     – Comment ? Vous ne comprenez pas ? Il veut me dire : « – Si vous êtes partie pour la même raison que Serrurier, vous pouvez revenir sans crainte : les vieilles sont parquées ensemble. »

     – Non, dis-je, ayant pitié d’elle, je ne comprends pas cela du tout en ce sens.

     Elle eut un contraint, crispé petit sourire, une petite chose à fleur de lèvres :

     – Allons, on verra bien demain où j’en suis.

     Plus que les terrains d’honneur des clubs fameux, où les belles madames, sur la touche, éclatent de rire si vous vous étalez avec le ballon, j’aime ces stades pelés de banlieue où l’on joue sur un tapis de boîtes de conserves, devant trente citoyens qui grelottent, entre les usines aux hautes cheminées reposant comme de monstrueux paquebots au port. Et j’aime cette banlieue aux beaux noms, de résonances infinies : La Plaine, Le Point du Jour…. – qu’à vingt ans déjà j’appelais « la voluptueuse banlieue ouvrière » (Relève du matin). En pénétrant, dans le matin brumeux, sur le stade désert et trempé, que dominaient les fortifications, j’avais le cœur d’un homme qui va être témoin à un duel. Mademoiselle de Plémeur vint vers moi, impatientée comme si j’étais en retard ; je lui tendis ma montre, qui marquait moins cinq ; ceci lui parut une attaque personnelle. Je pressentis quelle déchéance la guettait si sa tentative lui valait un échec, à voir combien elle était déjà redescendue, pour les trois mois passés en Bretagne, de ce haut ciel de la dignité et de la raison où le sport l’avait un jour élevée.

     Et puis ce furent les préparatifs, ses petits piaffements, le tic nerveux de rouler le bord intérieur de ses culottes, ses bandes qu’elle retire des pieds, déjà noircis par le mâchefer de la piste, et je revois les chevilles assez fortes, telles que je les approuve dans mon esprit et les aime dans mon goût. La peau, sur ses tibias, ne porte plus trace de ces éraflures qu’y faisaient souvent, quand elle était en période d’activité, les souliers à pointes de la camarade (bien intentionnée ?) qu’elle avait talonnée au cours d’une épreuve. Je me rappelle entre toutes ces minutes où, assise sur la pelouse, le masseur lui massait les jambes (mollets duvetés et cuisses imberbes). Et tandis que les mains artistes montaient en frémissant comme des flammes, haut, très haut, jusqu’à pénétrer sous les manches larges de la culotte, je scrutais la jeune fille au visage avec une attention intense et sournoise, pour découvrir quelque signe imperceptible qui me fixât sur ce qu’il y avait au fond de cette minute-là. Mais le buste droit, la tête dressée comme celle d’un rapace, le regard détenu par le lointain, les lèvres pincées dans la face sans roseur, quelque chose de rigide qui lui pétrifiait tout l’être ne disaient que la tension suffocante de l’anxiété. Et j’étais moi même si mal à l’aise que je criai : «  Allons » pour hâter le départ.

     Elle marchait ; elle court; c’est une phrase parlée qui s’achève en musique. Comme la chanteuse, comme la danseuse, comme la joueuse d’harmonies, elle se fait lien entre le sublime et nous. Ô femme, instrument de l’ineffable, à genoux devant votre valeur. Qu’ai-je parlé de vos erreurs, de vos misères, de vos petitesses ? Vous voici totalement justifiée.

     Elle parcourut son premier tour en trois secondes de plus que la recordwoman de France. Beau résultat, que je lui criai au passage. Alors ses traits se tendirent : Jeanne d’Arc à la tête de ses hommes devait avoir cette face grave et scellée. Jeanne d’Arc ? ou bien l’aïeul de Melle de Plémeur, le conventionnel régicide, quand il votait la mort de Capet ? Vierge aux traces légères, sa foulée agile, merveille de finesse, si perçante que je l’imaginais laissant sur la cendrée une trace pointue comme celle des sabots de chèvre, fit place à une foulée plus énergique, où elle employait jusqu’aux muscles de son cou. Cependant, lorsqu’elle passa devant moi, elle avait augmenté son retard de deux secondes. Je crus bien faire en lui criant : « Egalité ».

     Elle commença son troisième tour. La distance était de quatre.

     Je ferme les yeux et tout cela reprend vie, ce petit matin percé de bruine, cette solitude, ce silence, cette fille qui n’était plus fraîche courant dans ce plein-air désolé. Elle et moi, nous deux seuls : tout ce qu’elle réalisait était perdu. Elle courait, avec une beauté que personne ne voyait, courait, courait, pour la dernière fois peut-être, au-dessus d’elle-même, elle courait dans une horreur sacrée, comme si l’âge et le triste temps couraient férocement après elle. Il y a deux siècles, Melle de Plémeur, avec un cilice et folle de la Croix, eût marché sanglante sur les routes. Dans ce stade de banlieue, je voyais se refaire l’acte éternel de tous ceux qui crurent que, pour entendre l’Oracle, il ne fallait qu’offrir une haute minute insensée.

     Elle me croisa, la tête de travers, avec déjà sur son visage la fatigue, la souffrance, un être profond que je ne connaissais pas, une raison de plus pour qu’elle fût aimée. En aurai-je vu, de ces jeunes sportives, offrir aux regards des curieux, sous l’œil de leurs mères, ce dernier secret que lâche une face défigurée, ce spasme de douleur où l’époux seul jadis avait le droit de se perdre, en étant le créateur et le maître ! De nouveau, elle avait perdu trois secondes : au total huit. C’était l’irréparable. Je lui lançai : « Vous avez perdu quatre secondes ! »

     Combien de temps mit la dure parole à voyager de son esprit jusqu’à son corps ? Je pourrais marquer d’un caillou sur la piste l’endroit précis où sa force fléchit, refusa ; où ce ne fut plus qu’une question de volonté, d’énergie, de colère ; où ce ne fut plus le corps qui courut, mais l’âme – une âme seule, un souffle qui suivait la piste comme un feu follet suit une rivière.

     Et moi, pressant son émotion contre la mienne, j’avais envie de me jeter à sa. rencontre, de l’arrêter par ses beaux, chers poignets, de lui dire : « Pauvre petit, vieux petit, cessez tout cela. Que faisons-nous ici ! Je suis plus jeune que vous, il est vrai, et pourtant vous voyez bien que c’est votre père qui vous parle, et vous êtes mon enfant égarée. J’ai dit et j’ai proclamé que je n’aimais que dans la victoire, et je vous aime mieux dans cet instant de détresse que dans tous instants de triomphes, et je me dédis et je me dédirai encore, trente fois, cinquante fois, parce que cela me plaît ainsi et que je peux tout. Mais, je vous prie, ne soyez pas malheureuse si vainement. Ne gaspillez pas ce pouvoir de souffrir que vous devriez garder au plus clos de vous-même, pour, celui qui vous attend peut-être et qui le déchaînera avec un trouble orgueil. » Où s’en vont toutes ces paroles qui viennent aux lèvres et ne sont pas dites, et qui sont toujours les meilleures ? Si un ange les inscrit quelque part et qu’un jour elles doivent être connues, comme nous nous réveillerons innocentés !

     Qu’on m’épargne le détail de la fin. Quand elle apparut dans la ligne droite, j’étais aussi désemparé qu’elle-même. A force de courage, elle était parvenue à ne plus augmenter son retard : il n’en restait pas moins de huit secondes. Fallait-il le lui dire ? Briser cette suprême espérance et la rejeter hors de la grandeur ? Ne devais-je pas lui annoncer une victoire ?

     Elle se jeta sur le fil d’arrivée, avec une mâchoire distendue de cadavre, arrachant, gobant une bouffée d’air, comme si elle mourait et mordait dans la vie.

     Le record était de 3 minutes 16. Les yeux fixés sur mon chronomètre, je dis ce qu’il marquait :

     – 24.

     Quand je relevai la tête, elle se mettait en marche vers le vestiaire. Je la suivis, la dépassai un peu, de façon à voir le bon espace, et non pas elle, elle avec ses jambes, blêmies d’abord par le talc, et que le mâchefer, se collant avec la sueur, avait charbonnées par là-dessus jusqu’aux genoux ; elle avait un visage blanc, mais une plaque trop rose, un peu sinistre, qui borde aux tempes et au front la naissance des cheveux. Nous parcourûmes ainsi la distance de trente mètres, et peut-être davantage. Tout d’un coup j’entendis, compris, fis volte-face. Elle s’était écroulée, poitrine, figure dans la boue, et secouée par les sanglots.

     Je la regardai un instant, puis lui tournai le dos et marchai de long en large, comme on fait en attendant quelqu’un qui tarde. Pour la première fois, il me semblait l’aimer d’amour, et comme jamais je ne l’eusse aimée si elle avait sangloté à cause de moi. Cette illusion ne dura d’ailleurs qu’un instant.

     Bientôt elle se remit debout, écrasa ses larmes du gras de la main, sur ses cernes nacrés comme des aponévroses, et nous cheminâmes vers le vestiaire sans un mot.

     Rhabillée elle plaisantait, av ce ces rires grinçants des femmes qui ne sont supportables que si on a envie de les faire cesser sur la bouche ; elle me demandait une cigarette. Jamais elle n’avait fumé, – à cause du sport. J’entrevis tout ce qui s’était défait, et les tristes abîmes contre lesquels elle n’avait plus rien pour la protéger.

     Elle me remercia, en me quittant, de ce qu’en une seule minute, par mon double refus de la leurrer et de la plaindre, je lui eusse prouvé que je ne la méprisais pas.

     Personne ne l’a revue au club. Le sport était l’unique hausse-col de Melle de Plémeur, son armature, son couvent. Qu’est-elle devenue, si l’on se souvient que par là-dessus elle n’avait pas le sou ? Les jeunes gens de ma génération n’épousent que leurs maîtresses. Melle de Plémeur a-t-elle enfin « compris » ?

*

Extrait de « Les Olympiques » 1924. Première Olympique : Mademoiselle de Plémeur.
Editions Gallimard, 1954 -Livre de poche 1966, p.71- 83.

Sorel Marie, « Les chevaleries de monsieur de Montherlant », Revue d’histoire littéraire de la France, 2010/4 (Vol. 110), p. 953-966. DOI : 10.3917/rhlf.104.0953.  http://www.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2010-4-page-953.htm

Duroisin Pierre. « Cette voix d’un autre monde » dans Les Olympiques de Montherlant. Analyse de quelques citations d’auteurs anciens. In: L’antiquité classique, Tome 51, 1982. pp. 207-239. DOI : 10.3406/antiq.1982.2068. www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_1982_num_51_1_2068

*

Genèse et organisation des textes : Source Wikimonde.

    Montherlant a 22 ans en 1918 quand il revient à la vie civile après s’être porté volontaire et avoir voulu « aller au front pour mourir ». Il ne sera que blessé mais conservera une nostalgie de la camaraderie virile des tranchées2 . Il publie ses premiers textes L’Exil et Le Songe en 1922, imprégnés des tourments moraux d’un jeune hommes face à la guerre et au devoir. Le sport devient alors pour lui un exutoire qui peut donner une suite à ses idées de dépassement de soi et d’esthétisme de l’effort. Déjà, adolescent, il avait pratiqué la tauromachie, maintenant il pratique le football comme gardien de but et fréquente assidument les stades et leurs athlètes, il évoque « les heures de poésie que le sport nous fit vivre, dans la grâce — la beauté parfois — des visages et des corps de jeunesse, dans la nature et dans la sympathie ». L’approche des Jeux olympiques d’été de 1924 à Paris focalise son intérêt.

   Il avait, depuis quelques années, écrit et publié dans des revues plusieurs articles sur le sport, il s’en inspire et quitte le factuel pour la relation romancée et poétique de ses expériences sportives. Il organise ces textes en deux petits volumes publiés dans la collection Les Cahiers verts dirigée par Daniel Halévy chez Bernard Grasset : en 1924, le numéro 31 regroupe La Première Olympique sous-titrée Le Paradis à l’ombre des épées, puis quelque temps plus tard, numéro 41, La Deuxième Olympique, Les Onze devant la porte dorée. Traitant de l’athlétisme, du football, de la boxe, ces volumes sont réunis en 1926 sous le titre Les Olympiques qui reparaîtra alors régulièrement chez divers éditeurs en éditions courantes ou de luxe.

  En 1929, Montherlant publie en tirage limité Earinus, Troisième Olympique (éditions Émile Hazan) où l’on trouve, entre autres textes contemporains, ses Notes sur le sentiment de la beauté chez les Grecs, écrits de 19154. Ce troisième volet des Olympiques ne sera pas repris dans les éditions ultérieures, sauf quelques textes comme Les bras abaissés, Incertitude, Odeur du citron.

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